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Nos lecteurs ont, comme nous été informés par l'hebdomadaire local d'une trouvaille au château de Gien.

Quel est le point de vue de la SHAG sur cette affaire?

Outre le fait que, quel que soit le propriétaire "juridique" du château, l'histoire du château et de la ville de Gien est la propriété morale de tous les Giennois, la SHAG, de par ses 90 ans d'existence,  est garante de la pérennisation, de la vérification et du développement de ces informations.

L'abbé Vallet, dans sa longue histoire de Gien, faisait déjà état d'un château ayant précédé, le château d'Anne de Beaujeu. On trouve d'ailleurs dans les écrits des historiens et pas seiulement des historiens locaux mention de tous ceux qui ont été reçus au château: Jehan de Berry, la ligue de Gien, Jeanne d'Arc et d'autres.S'il est tout à fait exact que les mentions qui ont pu attribuer un château à cet endroit, à Charlemagne sont totalement erronées, il convient de s'interroger sur le fait que Philippe Auguste en 1199 ou Saint Louis avaient probablement une résidence à cet endroit.

Nos brillants historiens locaux comme Madeleine Chevallier, André Barbier ou Georges Loiseau avaient en leur temps démontré cette évidence qu'un château existait sous le château actuel. Les giennois qui comme moi ont joué et parcouru ce que nous appelions des souterrains (qui n'étaient que des caves), ont vu tous ces ensembles voutés dans les ruines autour du château.

Tout ceci a d'ailleurs fait l'objet de la publication d'une étude de notre regretté vive-président Raymond Jatteau dans le Journal de Gien du 25 juin 1981.

Certes, il nous manquait la pièce maîtresse, le logis véritable, nos chercheurs de l'époque l'ayant localisé par la présence de latrines mais n'ayant pu aller plus avant. C'est la raison pour laquelle nous insistions depuis de longs mois auprès du conseil général, propriétaire, pour avoir accès aux sous-sols du château...........

Michel Tissier

Donnons aussi la parole à un jeune membre de la SHAG, historien de l'art médiéviste, travaillant, à l'université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, sur l'histoire du château de Gien: Antoine Estienne:

Quand un château en cache un autre…

Si l’Histoire de Gien est encore en grande partie à écrire, particulièrement en ce qui concerne  les périodes les plus anciennes, on sait depuis longtemps que le château construit par Anne de France, fille de Louis XI et future duchesse de Bourbon aux côtés de son époux Pierre de Beaujeu n’était pas le premier à se dresser sur la terrasse qu’il occupe aujourd’hui. Au moins un édifice fortifié l’avait-il précédé qu’Anne de France dut démolir presque intégralement à partir de 1482, ne laissant en subsister que la tour carrée Sud qui a, localement et tout à fait sans fondement, pris le nom de « Charlemagne » tant chacun aura d’instinct pu noter son antériorité au château dans lequel elle se trouve enserrée.

Si la découverte récente de structures du XIIIe ou XIVe siècle enfouies sous le château d’Anne de Beaujeu n’est donc pas en elle-même une surprise, les travaux des chercheurs, notamment ceux de la Société Historique et Archéologique du Giennois ayant fait état de longue date de la présence sur ce site d’un château antérieur à celui d’Anne de France, cette découverte n’en est pas moins intéressante par les informations nouvelles qu’elle nous livre quant à ce château disparu dont jusqu’alors nous ne connaissions guère que la tour carrée Sud et la hauteur des courtines dont on voit nettement les arrachements de part et d’autre de la même tour.

S’il s’avérait en effet que nous nous trouvions avec cette découverte face à une fosse de latrines, lieu d’aisance fréquemment en lien avec un habitat, cela augurerait fortement de la présence, à la verticale de ces installations d’un logis regardant la Loire dont l’existence n’était jusqu’ici qu’une hypothèse . Une disposition qui ne serait pas sans rappeler celles voisines du château de Saint-Brisson-sur-Loire dont les ailes Nord accueillant les logis présentaient à l’origine au début du XIIIe siècle une série de vastes baies en plein cintre ouvrant sur le bras majeur du fleuve aujourd’hui asséché. Le début du XIIIe siècle c’est aussi l’époque où Gien était la propriété d’un certain… Philippe Auguste. Affaire à suivre…

LA SHAG SE REJOUIT DONC QU'AU TRAVERS DES TRAVAUX EN COURS, LA PREUVE DE CE QUE NOS PREDECESSEURS AVAIENT TROUVE SOIT ENFIN SORTIE DE L'OMBRE. IL NOUS RESTE A FAIRE EN SORTE QUE LE PROGRAMME DE TRAVAUX SOIT REORIENTE AFIN QUE LE PASSE DE LA VILLE DE GIEN NE SOIT PAS DEVALORISE PAR DES VOLONTES UNIQUEMENT COMMERCIALES ET CA C'EST UNE AUTRE AFFAIRE...